NOUVELLES IMPRESSIONS DE RAYMOND ROUSSEL

 

Date: 27/02/2013 - 20/05/2013 Lieu: Niveau 1 - Galerie Seine Tag: Exposition

Avec: Mathieu K. Abonnenc, Jean-Michel Alberola, Jean-Christophe Averty, Zbynek Baladrán, Thomas Bayrle, Jacques Carelman, Guy de Cointet, Collège dePataphysique, Joseph Cornell, Salvador Dalí, Gabriele Di Matteo, Thea Djordjadze, Marcel Duchamp, Giuseppe Gabellone, Rodney Graham, João Maria Gusmão & Pedro Paiva, Mike Kelley, Revue Locus Solus, Pierre Loti, Sabine Macher, Man Ray, Mark Manders, André Maranha, Pedro Morais, Jorge Queiroz et Francisco Tropa, Jean-Michel Othoniel, Victorien Sardou, Joe Scanlan, Jean Tinguely, Jules Verne.

« Mon âme est une étrange usine »

Raymond Roussel

Raymond Roussel est enfin célébré à Paris. C'est justice bien tardive pour cet écrivain qui tient depuis un siècle dans l'imaginaire des artistes - de quelques-uns seulement, mais non des moindres - une place centrale, incarnant la figure de l'artiste entièrement dédié, jusqu'aux frontières de la raison, à son oeuvre, celle de l'artiste créateur d'un « monde complet », « ne suivant que la pente de son imagination » (André Breton). Les « Nouvelles impressions de Raymond Roussel » sont une suite et un complément à l'exposition « Impressions de Raymond Roussel », qui a eu lieu au Museo Reina Sofia (Madrid) en 2011 et au Museu Serralves (Porto) en 2012. S'y traçait une histoire diagonale de l'art du XXe siècle, reliant les points entre les artistes et créateurs qui ont dit l'influence de cet auteur, de ses écrits, sur leur oeuvre. Pour commencer Marcel Duchamp, puis les surréalistes, mais aussi Michel Foucault ou Georges Perec. Ces « Nouvelles impressions de Raymond Roussel » proposent cette fois de laisser une plus large place à l'aujourd'hui et réunit des artistes rencontrés au cours de ces dernières années de recherche autour de Roussel. Il n'a pas paru nécessaire que leur relation à cet écrivain prenne la forme d'un hommage, ni même s'y réfère explicitement.Ce serait sous-estimer la nature de ces influences, aussi profondes que souterraines, que de les réduire à des jeux de citation. Ces oeuvres ne sont pas réductibles à un thème et leur réunion ici est un exercice de dépliage des motifs - toujours différents - que les artistes ont puisé chez Roussel, consciemment ou non, selon une lecture dont il faut bien assumer la partialité. C'est bien le « plus grand magnétiseur des temps modernes », selon André Breton, que cette exposition vient rappeler aux mémoires ; celui qui, pour Michel Leiris, a réalisé « l'évasion du domaine de la Réalité dans celui de la Conception ». C'est dire le pouvoir de la poésie, sa capacité à faire passer dans un « monde à l'envers » ; ce vaste théâtre, enfantin et parfois cruel, qu'est l'univers de Raymond Roussel.

« My soul is a strange factory »

Raymond Roussel

Raymond Roussel is finally being celebrated in Paris: a long overdue event for this writer who for more than a century has occupied a central place in the imaginations of artists- some artists, but not the least important-, embodying the figure of the artist totally dedicated to his work, to the very boundaries of reason, the work of the artist who creates a "complete world", "following only the inclination of his imagination" (André Breton). "New Impressions of Raymond Roussel" is a follow-up and a complement to the exhibition "Impressions of Raymond Roussel" which was held at the Museo Reina Sofia (Madrid) in 2011 and the Museu Serralves (Porto) in 2012. It outlined a diagonal history of 20th-century art, linking the points between artists and creative people who have talked of the influence of this author and his writings on their work: starting with, Marcel Duchamp, then the Surrealists, but also Michel Foucault or Georges Perec. This time "New Impressions of Raymond Roussel" intends to accord a larger place to the present, and brings together artists encountered during these recent years of research focusing on Roussel. It did not seem necessary for their relationship to that writer to have taken the form of a tribute, or even for them to refer to him explicitly.That would underestimate the nature of those influences, as deep as they are underground, to reduce them to games involving quotation. These works cannot be reduced to a theme and their combined presence here is an exercise in unraveling the motifs - always different - that artists have derived from Roussel, consciously or not, according to a reading which must of course be assumed to have been partial. It is indeed the "greatest magnetizer of modern times," in the words of André Breton, that this exhibition is recalling to people's memories; the man who, for Michel Leiris, achieved "escape from the field of Reality into that of Conception". It involves telling of the power of his poetry, its capacity to transport us into a "topsy-turvy world"; the vast childish and sometimes cruel theater that is the universe of Raymond Roussel.

Théa Djordjadze

L'oeuvre sculpturale de l'artiste géorgienne Thea Djordjadze (née en 1971, vit et travaille à Berlin) aménage souvent une tension entre un cadre géométrique et des éléments plus informes, sensibles, qui évoquent une forme de domesticité et de rêverie. De sa découverte de Raymond Roussel, elle a surtout retenu des épisodes de la vie de l'écrivain, parfois amplifiés par la mythologie du milliardaire solitaire vivant au gré de sa fantaisie.

The sculptural work of the Georgian artist Thea Djordjadze (b. 1971, lives and works in Berlin) often produces tension between a geometric frame and more shapeless, touchable elements that conjure up a form of domesticity and dreaming. From her discovery of Raymond Roussel, she has primarily retained episodes of the writer's life, sometimes amplified by the mythology of the solitary millionaire living at the whim of his imagination.

Palais de Tokyo Paris [official site]